
Un tribunal péruvien a reconnu coupable Martin Vizcarra d’actes de corruption et l’a condamné à quatorze années d’emprisonnement. Les faits remontent à sa période en tant que gouverneur régional au début des années 2010, lorsqu’il aurait accepté des versements illicites. Son incarcération s’ajoute à une série de précédents chefs d’État poursuivis pour malveillance institutionnelle ou tentatives de renversement du régime.
Au cours de son mandat de gouverneur dans la région sud de Moquegua, Vizcarra a reçu environ six cent quarante mille dollars provenant d’entrepreneurs en construction. Ces entreprises lui auraient versé des sommes considérables en échange de contrats publics favorables. L’affaire est devenue publique en 2019 lorsqu’un journal d’investigation l’a révélée, créant une onde de choc politique majeure au Pérou.
Vizcarra rejoindra bientôt trois autres anciens présidents à l’établissement pénitentiaire de Barbadillo à Lima, considéré comme la prison d’État réservée aux hautes personnalités. Pedro Castillo, Ollanta Humala et Alejandro Toledo y purgent actuellement leurs peines pour divers crimes économiques ou politiques, créant une situation singulière dans l’histoire constitutionnelle du pays.
Le moment du jugement porte un coup significatif à la politique nationale. Des élections présidentiques auront lieu dans environ six mois, et Vizcarra conservait une influence politique considérable malgré les accusations. Pendant sa présidence de 2018 à 2020, sa lutte contre la corruption lui avait valu une popularité exceptionnelle auprès des citoyens.
En raison de cette condamnation, Vizcarra se voit interdire l’exercice de toute charge publique pendant neuf ans. Son frère Mario a décidé de briguer la présidence en avril 2026, contestant la légitimité du procès comme étant une vengeance politique et promettant de libérer son aîné s’il remporte l’élection.



