
L’armée de Guinée-Bissau a déclaré avoir établi le contrôle total du pays mercredi 26 novembre, trois jours après les élections nationales. Les militaires ont arrêté le président sortant Umaro Sissoco Embaló, désigné favori pour conserver son poste. Le chef d’État a confirmé son arrestation à midi, heure locale, sans recours à la violence.
Umaro Sissoco Embaló faisait face à une contestation profonde de sa légitimité. L’opposition affirmait que son mandat avait expiré depuis plusieurs mois et refusait de le reconnaître comme président. Bien que la Constitution fixe un mandat présidentiel de cinq ans, débutant en février 2020, la Cour suprême avait prolongé son règne jusqu’au 4 septembre. L’élection présidentielle a finalement été reportée à novembre.
Le candidat d’opposition Fernando Dias, qui s’est proclamé vainqueur des élections, a également été arrêté et transféré à une base aérienne. Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et leader du principal parti d’opposition, a subi le même sort. Exclu du scrutin pour dépôt tardif de candidature, il avait soutenu Dias lors du vote.
Le Haut commandement pour la restauration de l’ordre a suspendu le processus électoral et les institutions depuis le siège de l’état-major à Bissau. Un couvre-feu a été imposé et les frontières fermées. Selon les autorités, ces mesures visent à empêcher les politiciens nationaux et étrangers, ainsi qu’un baron de la drogue, de déstabiliser la nation et de manipuler les résultats électoraux.
Le porte-parole Dinis N’Tchama a affirmé avoir découvert un plan pour manipuler les résultats. Il a déclaré que ce stratagème aurait été orchestré par certains politiciens nationaux en collaboration avec un trafiquant de drogue réputé et des individus nationaux et étrangers. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni pour étayer ces accusations.
Des échanges de tirs ont éclaté mercredi en milieu de journée près du palais présidentiel. Selon un responsable du bâtiment, des hommes armés ont tenté une attaque contre le palais, provoquant des tirs avec les gardes. Des coups de feu ont également été signalés près de la Commission électorale nationale. Des soldats masqués et lourdement armés ont établi des points de contrôle sur les routes du palais.
Un observateur international a confirmé que le chef de la commission électorale avait été arrêté et que les bureaux de la commission avaient été scellés par les militaires. La Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État depuis son indépendance en 1974 et s’est transformée en carrefour majeur du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe.
Le gouvernement portugais a appelé à l’abstention de toute violence et demandé le rétablissement du fonctionnement régulier des institutions. Le ministère des Affaires étrangères s’est dit en contact permanent avec l’ambassade du Portugal à Bissau pour suivre la situation des citoyens portugais et l’évolution générale des événements.
Les missions d’observation de la Communauté des pays de langue portugaise et de l’Union africaine ont exhorté au respect de la volonté électorale et des principes démocratiques. Selon ces observateurs internationaux, le scrutin s’est déroulé de façon ordonnée et organisée, permettant aux électeurs de choisir le nouveau président et les députés de l’Assemblée Populaire Nationale.



