
Une réduction drastique des budgets d’aide au développement provoque actuellement la suppression de près de 4 900 postes dans les organisations humanitaires françaises. Coordination Sud, qui fédère 183 associations et ONG, a commandité cette étude révélatrice aux côtés de CartONG. Les données recueillies auprès de 62 associations de solidarité internationale révèlent l’ampleur de la crise humanitaire programmée.
Les conséquences directes de ces restrictions budgétaires sont l’abandon de 641 projets humanitaires importants. Cette réduction du financement signifie que 7,6 millions de personnes perdront accès à des services essentiels incluant l’alimentation, l’eau potable, l’hygiène et la sécurité alimentaire. Les droits humains fondamentaux sont également compromis par ces suppressions de programmes vitaux.
Depuis 2023, l’aide publique au développement connaît des coupes budgétaires sans précédent après plus d’une décennie de croissance régulière. La France s’engage internationalement à consacrer 0,7% de son revenu national au développement, objectif aujourd’hui fragilisé. L’étude titre explicitement cette situation critique : « La solidarité internationale en péril ».
Olivier Bruyeron, président de Coordination Sud, exprime son indignation face à cette situation. Il souligne que la France a adopté une loi à l’unanimité en 2021 garantissant ces engagements internationaux. Ces compressions budgétaires engendreront davantage de pauvreté, d’inégalités et de conflits futurs selon ses analyses.
Les associations signalent une contraction de 583 millions d’euros en 2025, dont 95 millions provenant de bailleurs français. Ce phénomène marque un passage vers un sous-financement durable et structurel. Les auteurs estiment que les réductions réelles pourraient être deux à trois fois plus importantes que les chiffres documentés.
Le risque majeur concerne la disparition complète de l’aide française et de certaines organisations dans plusieurs pays. Plus de vingt ONG pourraient disparaître, particulièrement dans la région du Sahel. Coordination Sud demande une révision urgente des budgets gouvernementaux pour l’année 2026.



