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Une enquête vise une entreprise melunaise spécialisée dans la vente de poupées sexuelles représentant des enfants

Rob Laurens

L’histoire des poupées de compagnie remonte au dix-septième siècle. À cette époque, des marins isolés en mer utilisaient des objets en tissu confectionnés à partir de vêtements usagés. Ces créations artisanales, appelées “dames de voyage”, répondaient à un besoin spécifique lors de longs périples océaniques.

La production industrielle de ces objets s’est développée entre les années 1930 et 1940. L’Allemagne et le Japon ont créé des modèles destinés aux équipages de sous-marins enfermés dans des environnements exclusivement masculins. Cette transition marque le passage d’une fabrication artisanale à une production de masse organisée.

Au Japon, ce marché s’est structuré commercialement. Les clients louent ces objets pour environ 90 euros les 90 minutes. L’expérience proposée inclut le plaisir de les vêtir, de les dévêtir et de satisfaire diverses fantasmes avant la location. Cette pratique reste largement concentrée en Asie et aux États-Unis.

La présence européenne de ce secteur s’est établie progressivement. Les premières ventes en Europe étaient rares et commandées par correspondance. Depuis 2006, une boutique spécialisée a ouvert ses portes à Lyon, marquant l’entrée officielle du marché dans le continent. La commercialisation s’est ensuite étendue par internet et via des entreprises locales.

Une entreprise basée à Savigny-le-Temple commercialise actuellement des poupées présentant des caractéristiques d’apparence enfantine. Le parquet de Melun a lancé une enquête suite à un signalement via le portail Pharos du ministère de l’Intérieur. La haute-commissaire à l’Enfance a également saisi la justice face à ces produits.

L’entreprise ObeyMe Dolls, se présentant comme leader français et européen du secteur, a annoncé le retrait de certaines références de son catalogue. Cette décision vise à se conformer aux exigences réglementaires récemment mises en avant. Cependant, son site propose toujours des articles décrits comme “adolescents” ou “à peine entrés en puberté”.

Ces objets sexuels réalistes d’apparence enfantine constituent une infraction pénale grave en France. Leur diffusion ou représentation pornographique d’un mineur expose les vendeurs à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Cette enquête s’inscrit dans une dynamique plus large visant les plateformes asiatiques Shein et AliExpress.

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