France

Comment l’activité solaire a-t-elle perturbé les systèmes de commande d’un Airbus A320 en vol ?

Annabelle Chesnu

L’activité solaire provoque régulièrement des perturbations électroniques à bord des aéronefs. Ces dysfonctionnements résultent de particules hautement énergétiques, principalement des électrons ou des protons, qui traversent les composants électriques de l’avion et altèrent brièvement leurs signaux de fonctionnement.

Lorsqu’une particule chargée traverse un circuit électronique, elle modifie temporairement le signal électrique des systèmes informatiques embarqués. Si cette perturbation touche des logiciels contrôlant les commandes de vol, le système peut subir des changements soudains et inattendus dans ses instructions de navigation ou de pilotage.

Le Soleil émet continuellement des particules énergétiques à vitesse très rapide. Généralement, le champ magnétique terrestre nous protège en déviant ces particules solaires. Cependant, lors d’éjections de masse coronale, la vélocité d’émission devient considérablement plus forte, passant de quelques centaines à plusieurs milliers de kilomètres par seconde.

Cette accélération massive du vent solaire génère une pression suffisante pour comprimer et repousser le champ magnétique terrestre. Les lignes de ce champ se contractent alors, permettant aux particules de traverser l’atmosphère à des latitudes intermédiaires et de pénétrer potentiellement dans les systèmes électroniques des avions en vol.

Le 30 octobre 2025, lors de l’incident impliquant un Airbus A320 de JetBlue, l’indice géomagnétique K atteignait 5,3 sur une échelle maximale de 9, caractérisant un orage géomagnétique de faible intensité. Ce phénomène n’est pas exceptionnel : ces dernières années, cet niveau d’activité se reproduit approximativement tous les seize jours, et représente environ un quart des jours du cycle solaire.

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