
La Digue n’est pas seulement une île paradisiaque des Seychelles aux eaux turquoise. En Bretagne, particulièrement à Lorient, ce nom désigne un groupuscule d’extrême droite aux idées néonazies. Depuis environ deux ans, ce collectif agite la région du Morbihan par ses actions provocatrices et ses contenus offensants. Il propage des vidéos de propagande nazie, des messages homophobes et racistes via les réseaux sociaux et des affiches publiques.
Les activités de La Digue se sont intensifiées ces derniers mois, franchissant un cap dans la violence. Durant la nuit du 17 au 18 novembre, des militants du groupuscule auraient agressé des étudiants venus couvrir leurs tags dans Lorient. Trois suspects ont été interpellés. Les empreintes digitales de l’un d’eux ont également été découvertes sur un tiers-lieu victime d’une tentative d’intrusion en mai. Les violences s’amplifient et inquiètent les habitants.
Auparavant, en juin, les membres de La Digue ont volé des livres dans une bibliothèque de Lanester pour les brûler publiquement. Ils ont filmé cette mise en scène sordide, l’accompagnant d’images d’archives nazies. Le compte X utilisé a été supprimé après plusieurs signalements. Une militante locale témoigne de l’atmosphère violente et menaçante que crée ce petit groupe, malgré son nombre réduit de membres.
Le député écologiste Damien Girard a réclamé plusieurs fois la dissolution de ce groupuscule après les violences contre les étudiants. Lui-même a été ciblé par le collectif, son image détournée dans des vidéos propagandistes. Une quarantaine d’élus locaux ont demandé sa dissolution il y a dix jours. Plusieurs plaintes officielles ont été déposées auprès des autorités.
En octobre, les autorités ont interdit un rassemblement prévu par La Digue, qui prétendait rendre hommage aux civils des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le préfet du Morbihan a refusé, craignant des troubles à l’ordre public. Il a critiqué les positions radicales et provocatrices du groupuscule. Le tribunal administratif a confirmé cette interdiction malgré les contestations.
Selon les informations disponibles, La Digue regrouperait moins d’une dizaine de personnes autour de son leader Brieg Luz. Ce noyau dur comprend un couple et de jeunes hommes ayant gravitégravé dans divers collectifs d’extrême droite. Certains ont des antécédents avec le syndicat étudiant UNI ou le parti Reconquête d’Éric Zemmour.



