
Tom Stoppard, dramaturge britannique décédé à 88 ans, s’est imposé comme une figure majeure du théâtre contemporain. Son œuvre se distinguait par un traitement original de sujets profonds, alliant philosophie et totalitarisme avec un humour mordant et des dialogues spirituels savamment dosés.
Quatre Tony Awards couronnèrent ses pièces majeures : Rosencrantz et Guildenstern sont morts en 1968, Travesties en 1976, The Real Thing en 1984, et The Coast of Utopia en 2007. Il remporta également l’Oscar du meilleur scénario pour Shakespeare in Love. Sa dernière création, Leopoldstadt, retraçant le destin d’une famille juive viennoise ravagée par le nazisme, lui valut quatre Tony Awards en 2023.
Originaire de Tchécoslovaquie, né dans une famille juive en 1937, Stoppard fuit les persécutions nazies et arrive en Angleterre via Singapour et l’Inde. Après des débuts comme journaliste à Bristol, il conquiert le monde théâtral en 1967 avec sa pièce absurde mettant en scène des personnages d’Hamlet.
Au-delà de la scène, Stoppard s’engagea pour défendre les dissidents soviétiques dans les années 1970, explorant ce thème dans Every Boy Deserves Favour. Il collabora avec les plus grands cinéastes mondiaux, signant les scénarios de Brazil, L’Empire du Soleil, et participait à la rédaction d’Indiana Jones et la dernière croisade.
En 1990, il adapta lui-même sa pièce majeure à l’écran, obtenant le Lion d’or à Venise. Reconnu meilleur dramaturge vivant en 2014, il incarnait une vision du théâtre où l’intellect rencontrait la farce burlesque. Mick Jagger du groupe Rolling Stones salua son décès en le décrivant comme son dramaturge préféré, louant son corpus majestueux et ses œuvres amusantes et intellectuelles.



