Sciences

Les éruptions solaires provoquent des pluies de plasma dont les scientifiques comprennent désormais le mécanisme exact

Hamza Chouraqui

La couronne solaire, couche externe de l’atmosphère du Soleil, connaît des phénomènes fascinants. Du plasma ionisé s’y condense et retombe régulièrement sur la surface solaire, formant ce que les scientifiques appellent des pluies coronales. Ces événements se produisent particulièrement dans les régions actives marquées par des taches sombres. Bien que le mécanisme général soit compris depuis longtemps, les chercheurs ont longtemps ignoré ce qui se passait lors des éruptions solaires très énergétiques.

Ce plasma extrêmement ténu atteint des températures d’environ un million de degrés, bien supérieures à celles de la surface solaire. Il se compose principalement d’hydrogène et d’hélium ionisés, accompagnés de traces d’éléments plus lourds comme le fer, le silicium et le magnésium. Les boucles magnétiques jouent un rôle central en canalisant le plasma depuis les couches inférieures vers la couronne.

Lors de conditions normales, un processus de refroidissement s’amorce progressivement. Le plasma s’accumule dans les boucles magnétiques, sa densité augmente, et les pertes radiatives s’intensifient. Un emballement catastrophique déclenche alors la condensation du plasma en agrégats d’environ soixante kilomètres de largeur. Ces amas refroidis chutent ensuite sur la surface en suivant les champs magnétiques.

Cependant, ce modèle classique ne parvenait pas à expliquer les pluies coronales observées pendant les éruptions solaires. Luke Fushimi Benavitz et son équipe ont réexaminé les simulations numériques utilisées. Ils ont découvert l’élément manquant : la composition chimique de la couronne influence les pertes radiatives de manière significative.

Les différents éléments ne s’évaporent pas uniformément dans les boucles magnétiques, et les pertes radiatives varient considérablement selon la nature des ions présents. Les modèles antérieurs ignoraient ces variations chimiques sans conséquences pour les événements normaux. Mais lors des éruptions solaires très énergétiques, cette dimension devient cruciale pour reproduire fidèlement les observations des pluies coronales.

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