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La demande de grâce de Benyamin Netanyahou dans ses affaires de corruption soulève de nombreuses questions légitimes en Israël

Hamza Chouraqui

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a formellement présenté une demande de grâce présidentielle pour son procès en corruption. Il justifie cette démarche en invoquant l’unité nationale et l’apaisement des tensions qui divisent le pays. Le président américain Donald Trump avait précédemment écrit au président israélien Isaac Herzog pour soutenir cette initiative. Netanyahou comparaît actuellement dans au moins trois procédures judiciaires distinctes, sans aucun jugement rendu jusqu’à présent.

Les accusations retenues contre Netanyahou portent sur l’acceptation présumée de biens de luxe d’une valeur dépassant 260 000 dollars. Ces présents incluaient des cigares, des bijoux et du champagne, provenant de milliardaires en échange de faveurs politiques. Son épouse Sara est également impliquée dans ces accusations. Parallèlement, deux autres affaires le visent pour tentatives de négociation de couverture médiatique favorable auprès de médias israéliens locaux.

Le service présidentiel a confirmé dimanche que Netanyahou a adressé une demande de grâce exceptionnelle au président Herzog. Bien qu’affirmant vouloir poursuivre le procès pour démontrer son innocence, le Premier ministre justifie sa demande par l’intérêt public et les défis immenses que doit relever Israël. Il soutient que la prolongation des poursuites provoque des divisions intenses et des fractures politiques. Selon lui, l’arrêt immédiat du procès favoriserait la réconciliation générale du pays.

Netanyahou bénéficie du soutien de son ministre de la Défense Israël Katz, qui approuve la grâce pour mettre fin aux divisions. Cependant, l’opposition politique s’organise. Yaïr Lapid, chef de l’opposition, demande au président Herzog de refuser toute grâce sans reconnaissance de culpabilité préalable et retrait immédiat de la vie politique. Des manifestations se sont déroulées dimanche devant la résidence présidentielle à Tel-Aviv pour s’opposer à cette demande.

Légalement, une grâce s’accorde généralement à une personne déjà condamnée. Cependant, en 1986, le président Chaim Herzog, père du président actuel, avait gracié deux agents du Shin Beth avant leur jugement. La grâce présidentielle requiert habituellement une reconnaissance de culpabilité et des excuses, conditions que Netanyahou n’a pas remplies. Des juristes soulignent que Netanyahou pourrait solliciter un accord de plaider-coupable si Herzog refuse sa demande de grâce présidentielle.

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