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Les manifestants bulgares s’opposent massivement au projet de budget gouvernemental, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre

Hamza Chouraqui

La Bulgarie a connu un mouvement de protestation majeur le 1er décembre à Sofia. Des dizaines de milliers de manifestants se sont mobilisés contre le gouvernement bulgare. Ce pays, le plus pauvre de l’Union européenne, connaît une intensification de la contestation anticorruption. Le projet de budget 2026 cristallise les tensions et provoque une mobilisation sans précédent depuis plusieurs années.

Les manifestants se sont rassemblés massivement sur la grande place du Parlement dans la capitale. Ils brandissaient des pancartes et scandaient des slogans contre la corruption et le gouvernement. D’autres villes du pays ont également organisé des rassemblements similaires. L’ampleur de cette mobilisation reflète un profond mécontentement face aux politiques gouvernementales et aux pratiques de gouvernance.

Le projet de budget prévoit une augmentation des salaires du secteur public et des hausses d’impôts. Les opposants considèrent que ce système financier est trop corrompu pour que ces mesures fonctionnent correctement. La corruption institutionnelle est perçue comme si profonde qu’elle annulerait les bénéfices des réformes budgétaires. Des manifestations contre ce projet avaient déjà eu lieu le 26 novembre.

La situation s’est envenimée lors du rassemblement du 1er décembre. Des affrontements violents ont éclaté entre la police et certains manifestants masqués. Les protestataires ont pris pour cible le siège du parti DPS, qui soutient le gouvernement, ainsi qu’un bureau du GERB, le parti au pouvoir. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et interpellé plusieurs personnes. Les manifestants ont lancé des pierres, des bouteilles et des pétards contre les policiers.

Le président bulgare Roumen Radev a dénoncé ces violences en les qualifiant de provocation. Il a appelé le gouvernement à démissionner et demandé l’organisation d’élections anticipées. Sa position affirme qu’une démission et de nouveaux scrutins constituent la seule solution pour sortir de la crise actuelle. Le gouvernement a promis de réviser son projet de budget en supprimant les mesures les plus controversées, notamment l’augmentation des cotisations sociales.

La Bulgarie entrera dans la zone euro le 1er janvier, ce qui rendra ce budget particulièrement symbolique puisqu’il sera le premier exprimé en euros. Le pays figure parmi les États membres de l’Union européenne où la corruption est la plus importante, aux côtés de la Hongrie et de la Roumanie selon les évaluations de Transparency International.

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