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À Pékin, Emmanuel Macron aborde directement avec Xi Jinping les enjeux commerciaux entre la France et l’Ukraine

Esteban Ortega

Emmanuel Macron a amorcé jeudi une visite diplomatique majeure à Pékin, où il rencontre le président Xi Jinping. La France cherche à résoudre les déséquilibres commerciaux croissants et à pousser la Chine à user de son influence auprès de la Russie pour terminer le conflit ukrainien.

La cérémonie d’accueil s’est déroulée au Palais du Peuple avec tous les honneurs protocolaires. Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan ont reçu le chef d’État français Brigitte au sein du bâtiment monumental. Des hymnes nationaux ont retenti et une garde d’honneur a défilé avant que des enfants saluent le président français. Cette visite revêt une dimension économique majeure avec la présence de trente-cinq dirigeants d’entreprises françaises.

Il s’agit de la quatrième venue en Chine d’Emmanuel Macron depuis son élection en 2017. Xi Jinping avait lui-même reçu un accueil d’État en France en 2024, consolidant ainsi les liens bilatéraux. L’Élysée interprète le temps que le leader chinois consacrera à son homologue français, y compris en privé, comme une manifestation de l’importance accordée à cette relation.

Les tensions commerciales constituent un enjeu majeur des discussions. L’Union européenne connaît un déficit commercial massif de 357,1 milliards de dollars avec la Chine. La France dénonce des pratiques jugées déloyales dans le secteur automobile électrique et l’acier. Paris souhaite que la Chine investisse davantage en France et partage les technologies selon le modèle appliqué par les Européens.

L’accès aux métaux rares demeure un sujet critique. La Chine maîtrise l’essentiel de la production mondiale et son usage stratégique en 2025 a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les Européens réclament une transparence accrue et un commerce plus équitable pour ces ressources essentielles à la transition énergétique.

Sur la question ukrainienne, la position chinoise reste ambiguë. Bien que proclamant son attachement à la paix, la Chine n’a jamais condamné l’invasion. Elle demeure le principal acheteur mondial de combustibles fossiles russes et alimente ainsi indirectement l’effort militaire de Moscou. Des accusations portent aussi sur des transferts de composants militaires à la Russie.

Macron avait déjà appelé lors de sa précédente visite en 2023 Xi Jinping à ramener la Russie à la raison. Récemment, le leader chinois a réservé un traitement privilégié à Vladimir Poutine en septembre, l’invitant à un défilé militaire géant aux côtés du dirigeant nord-coréen, mettant en évidence les alignements géopolitiques complexes.

D’autres enjeux structurent cette rencontre. Les droits humains en Chine restent une préoccupation affichée par Paris, tandis que la question de Taïwan plane en arrière-plan après les tensions diplomatiques avec la nouvelle Première ministre japonaise. Vendredi, les deux couples présidentiels se retrouveront à Chengdu, capitale du Sichuan, dans une atmosphère plus informelle où les pandas géants incarnent la diplomatie culturelle chinoise.

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