Mercredi soir à Villepinte, une opération de fouille inédite et massive s’est déroulée dans la maison d’arrêt de Seine-Saint-Denis. Le ministre de la Justice était présent pour superviser cette intervention exceptionnelle visant à combattre la prolifération d’objets illicites derrière les barreaux. Plus de 150 détenus et une quarantaine de cellules ont été concernés par cette inspection surprise minutieuse.
Les surveillants pénitentiaires ont démembré méticuleusement les équipements cellulaires, notamment les réfrigérateurs, lieux de prédilection pour dissimuler les téléphones mobiles. À titre d’exemple, une cellule de douze mètres carrés accueillant trois occupants a révélé un désordre impressionnant mêlant vaisselle, linges et pyramides de bouteilles. L’équipe a photographié chaque espace avant et après fouille, documentant systématiquement tous les objets découverts pour engager des poursuites disciplinaires.
Cette action représente la première opération d’une telle envergure depuis quinze à vingt ans dans cet établissement. Habituellement, les fouilles sectorielles concernent seulement une quinzaine de détenus deux fois par semaine. Le ministre a souligné l’importance cruciale de sécuriser les établissements pénitentiaires, notamment après les parloirs où transitent la majorité des objets interdits. Plus de quarante agents des équipes régionales d’intervention ont été mobilisés pour garantir la sécurité durant l’opération.
Les découvertes se sont avérées substantielles. Environ quarante téléphones, trois cent quatre-vingt-sept grammes de stupéfiants et divers objets prohibés ont été saisis durant la nuit. Les pièces détachées, cartes SIM et appareils étaient cachés dans des endroits ingénieux : plaques de cuisson, semelles de chaussures orthopédiques, jeux vidéo, gaines électriques et plafonniers. Chaque découverte a été méthodiquement répertoriée sous enveloppe avec rapport circonstancié.
La maison d’arrêt de Villepinte, troisième établissement francilien à subir cette intervention après Nanterre et Fresnes, accueille mille deux cents détenus pour cinq cent quatre-vingts places, représentant un taux d’occupation de deux cents pour cent. Le ministre a annoncé que toutes les cent maisons d’arrêt françaises seraient fouillées sectoriellement avant la fin décembre. Ces opérations se répéteront plus fréquemment.
Simultanément dans dix autres établissements pénitentiaires français, des fouilles identiques ont été menées. Au deux décembre, depuis le vingt-six novembre, sept cent soixante-neuf cellules avaient été fouillées, concernant mille six cents détenus. Cent soixante-huit téléphones, quatre cents dispositifs électroniques et quatre cent soixante-deux produits stupéfiants ont été saisis selon la Chancellerie. Ce résultat contraste avec les soixante-dix mille objets électroniques confisqués en détention durant l’année deux mille vingt-quatre.
Les équipes ont également utilisé des détecteurs électroniques ultra-modernes coûtant dix mille à vingt-cinq mille euros l’unité, capables de repérer les appareils même éteints. Ces technologies ont permis des saisies en flagrant délit dans le module Respect accueillant les détenus ayant démontré une bonne conduite. Le personnel pénitentiaire a démontré son engagement, tous les surveillants présents étant volontaires malgré l’opération prolongée au-delà de minuit.



