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Les réfugiés syriens en Allemagne redoutent de devoir retourner dans un pays où règne l’oppression

Rob Laurens

Le chancelier allemand Friedrich Merz propose de cesser l’octroi de l’asile aux Syriens suite à la chute du régime de Bachar al-Assad. Cependant, des experts avertissent que le pays demeure dangereux pour les minorités, les femmes et les communautés religieuses.

Tareq Alaow, ancien réfugié syrien et porte-parole de Pro Asyl, exprime son optimisme initial après la chute d’al-Assad en décembre 2024, espérant la construction d’une démocratie. Cet espoir s’est rapidement transformé en préoccupation suite à l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa en janvier.

Les nouveaux dirigeants persécutent les minorités religieuses et les femmes. Des rapports documentent des massacres contre les alaouites en mars, tuant environ 1 400 civils selon les Nations unies. En juillet, des affrontements ont éclaté avec les communautés druzes, exposant femmes et filles à des violences sexuelles et des enlèvements.

Ahmed al-Charaa, autrefois chef de la filiale syrienne d’al-Qaïda, était recherché par les États-Unis avec une prime de 10 millions de dollars. Aujourd’hui, les puissances mondiales le reconnaissent comme leader légitime, ayant levé ses sanctions en novembre. La communauté internationale ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme.

Tareq dénonce l’approche restrictive des gouvernements européens envers les réfugiés. Il soutient que l’expérience des Syriens en Allemagne pourrait contribuer à la reconstruction nationale, mais cela demande d’abord une véritable sécurité et stabilité politique que le pays ne possède pas actuellement.

L’Europe doit exercer une pression diplomatique accrue sur les nouveaux dirigeants syriens. Les conditions d’obtention du financement pour le développement devraient inclure des garanties de protection des droits de l’homme, affirme Tareq, critiquant l’absence de positions fortes des représentants allemands face aux massacres.

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