
La Cour suprême américaine a approuvé jeudi le nouveau découpage électoral du Texas en faveur des républicains pour les élections législatives de 2026. Par six voix contre trois, les juges conservateurs ont annulé la suspension imposée par un tribunal de première instance qui avait jugé ce redécoupage discriminatoire envers les minorités ethniques.
Le tribunal inférieur avait suspendu cette nouvelle carte électorale en estimant qu’elle violait les règles interdisant le découpage sur des bases raciales. La majorité conservatrice de la Cour suprême a reproché à cette instance de s’être indûment immiscée dans le processus électoral en provoquant de la confusion. Les trois juges progressistes ont exprimé leur dissension face à cette décision.
Le débat central concerne le gerrymandering, c’est-à-dire la manipulation des frontières électorales pour avantager un parti politique. Bien que la Cour suprême ait jugé en 2019 que le découpage partisan n’était pas du ressort des tribunaux fédéraux, elle maintient l’interdiction du découpage fondé sur des critères raciaux plutôt que politiques, puisque les minorités votent traditionnellement davantage pour les démocrates.
Le président Donald Trump avait publiquement pressé les responsables républicains du Texas d’effectuer ce redécoupage. Des secteurs à majorité latino ou afro-américaine, où Kamala Harris avait triomphé en 2024, ont été fragmentés et intégrés à des circonscriptions favorables à la droite. Cette tactique pourrait permettre aux républicains de remporter jusqu’à cinq sièges supplémentaires au Congrès.
Des électeurs afro-américains et latinos avaient saisi la justice en contestant ce découpage comme discriminatoire. Le tribunal avait ordonné l’utilisation de l’ancienne carte pour les élections législatives de novembre 2026. En réaction, les démocrates californiens ont fait approuver un nouveau découpage par référendum en novembre pour obtenir cinq sièges supplémentaires dans leur État, décision que les républicains contestent désormais devant les tribunaux.



