
En dépit de l’accord de paix conclu à Washington le 4 décembre entre les présidents congolais et rwandais, les violences armées persistent dans l’est de la République démocratique du Congo. Le vendredi 5 décembre, plusieurs explosions ont été enregistrées dans la province du Sud-Kivu, notamment entre les villes de Bukavu et Uvira, démontrant que l’accord reste lettre morte sur le terrain.
La situation de sécurité demeure extrêmement tendue dans plusieurs zones du Sud-Kivu. Entre Kaziba et la plaine de la rivière Ruzizi, les affrontements opposent le M23 soutenu par le Rwanda aux forces congolaises épaulées par les milices Wazalendo et l’armée burundaise. Les rapports onusiens confirment que cette région connaît une escalade continue des tensions sans amélioration visible.
Le jour des bombardements, trois civils ont péri à Luvungi dans le quartier Maendeleo, tandis que trois autres ont trouvé la mort à Mutarule avec plusieurs autres blessés. La population fuit massivement : environ 90% des habitants de Luvungi se sont enfuis vers Uvira et les villages environnants. Des milliers de personnes cherchent refuge au Burundi, bien que les soldats burundais leur aient interdit de franchir la frontière au niveau de la rivière Ruzizi.
Les accusation s’échangent entre belligérants. Le M23 a reproché à l’armée burundaise de bombarder des zones densément habitées, tandis que Bujumbura rétorque en accusant le M23 de frapper son propre territoire. Ces récriminations mutuelles reflètent l’absence totale de cessez-le-feu effectif malgré les engagements diplomatiques.
Au-delà des zones de combat direct, la vie civile tente de continuer partiellement. Le marché de Kamanyola a réussi à ouvrir ses portes malgré les déflagrations. Plus à l’ouest, des combats ont également été signalés sur les hauteurs dominant Kaziba dans le territoire de Walungu, forçant des habitants à quitter leurs abris après plusieurs jours de confinement.



