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Les escortes militaires payantes imposées dans l’est du Tchad inquiètent l’ONU

Rob Laurens

Depuis avril 2023, le Tchad accueille un afflux massif de réfugiés provenant du Soudan voisin. Les organisations humanitaires des Nations unies doivent systématiquement recourir à des escortes militaires pour sécuriser leurs missions, contrairement aux autres ONG qui opèrent sans protection armée dans le pays.

Ces frais de sécurité deviennent problématiques dans un contexte de restrictions budgétaires accentuées. Le coût des escortes militaires grève considérablement les opérations humanitaires. Les responsables sur le terrain demandent davantage de souplesse aux autorités tchadiennes concernant ces dispositifs de protection.

En vertu des arrangements actuels pour les déplacements dans l’est du Tchad, les Nations unies doivent presque obligatoirement employer le DPHR, une unité spécialisée de la gendarmerie. Chaque mission implique des frais de véhicule, de carburant et d’indemnités journalières pour les gendarmes affectés. Ces dépenses dépassent 900 000 dollars annuels, ressources qui pourraient financer l’aide à plusieurs milliers de personnes vulnérables.

Certaines interventions auprès des réfugiés sont annulées faute de moyens pour les escortes. Les responsables affirment que chaque dollar investi dans la sécurité réduit la capacité à sauver des vies. Les escortes armées devraient constituer un dernier recours face à des menaces justifiées, précisent les coordonnateurs humanitaires.

Les travailleurs humanitaires reconnaissent la nécessité des escortes dans certaines zones à risque élevé, mais estiment que plus de flexibilité serait possible sur les trajets courts et sûrs. Les négociations avec le gouvernement stagnent depuis plus d’un an, bloquées par les réticences des autorités locales face aux intérêts financiers en jeu.

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