
L’administration Trump a fondamentalement réorienté la politique américaine de santé mondiale. Après avoir démantélé les principaux engagements internationaux dès son arrivée au pouvoir, les États-Unis ont adopté une approche nouvelle privilégiant leurs intérêts propres tout en maintenant une présence globale en matière sanitaire.
Le lénacapavir, un traitement antirétroviral innovant contre le sida, illustre cette stratégie. Distribué dès décembre en Zambie et en Eswatini, ce médicament a bénéficié d’un déploiement exceptionnellement rapide. Moins de six mois après son approbation par la FDA, les premières doses atteignaient déjà l’Afrique australe, témoignant d’une mobilisation sans précédent.
Cette distribution a reposé sur une collaboration entre trois acteurs majeurs. Le Fonds mondial, le laboratoire Gilead producteur du traitement, et le programme Pepfar, élément clé de la lutte contre le VIH que l’administration Trump avait paradoxalement cherché à démanteler en janvier, ont coordonné leurs efforts pour ce lancement continental.
Les autorités américaines ont justifié leur soutien en mettant en avant l’excellence biomédicale nationale. Jeremy Lewin, fonctionnaire responsable de l’aide étrangère et des questions humanitaires, a souligné le rôle catalyseur des États-Unis dans cette avancée thérapeutique mondiale et dans son adoption à grande échelle, programmée pour atteindre deux millions de doses avant 2028.
Cette initiative poursuit un double objectif stratégique. Elle contribue à combattre le VIH à l’échelle internationale tout en ouvrant de nouveaux débouchés commerciaux pour l’industrie pharmaceutique américaine. La santé mondiale devient ainsi un vecteur de promotion des intérêts économiques et technologiques des États-Unis.



