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En Afrique, avant l’âge de cinq ans, la moitié des enfants drépanocytaires ne survivent pas à cette maladie génétique grave

Aliou Sembène

Jean-Benoît Arlet, médecin interniste et vice-président de l’ONG Drep.Afrique, dirige le centre de référence des syndromes drépanocytaires à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Son association, cofondée avec l’ancien leader du Parti communiste Robert Hue, s’engage pour améliorer l’accès aux soins en Afrique. Elle vient de réaliser un objectif majeur : réduire drastiquement le coût du traitement contre la drépanocytose.

En Afrique, la mortalité infantile liée à la drépanocytose reste catastrophique. Environ la moitié des enfants atteints décèdent avant leurs cinq ans. L’hydroxyurée, un médicament générique, s’est avérée efficace même dans les régions isolées. Ce traitement divise par trois la mortalité, les crises graves nécessitant une hospitalisation et les transfusions sanguines. La qualité de vie des patients et de leurs familles s’améliore significativement.

Le coût global des soins diminue grâce à ce traitement préventif. Sans médicament, chaque crise d’urgence entraîne des dépenses considérables : perfusions, injections de morphine, antibiotiques. Les patients paient l’intégralité de ces frais de leur poche. Cependant, actuellement, seul 1 pour cent environ des personnes drépanocytaires du continent africain reçoivent l’hydroxyurée.

Le Drepaf, un générique de l’hydroxyurée, est désormais disponible. Depuis le 19 novembre, ce médicament est distribué à prix coûtant au Sénégal par l’ONG Drep.Afrique. Cette initiative représente une avancée décisive pour rendre le traitement accessible aux populations africaines les plus touchées par cette maladie génétique grave.

L’acquisition des droits de ce générique par l’ONG permet de contourner les obstacles financiers qui ont longtemps empêché l’accès au traitement en Afrique. Cette stratégie s’appuie sur des données solides démontrant l’efficacité de l’hydroxyurée. L’objectif est d’élargir progressivement la distribution dans d’autres pays du continent pour sauver davantage de vies.

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