
Lors d’un spectacle de l’humoriste Ary Abittan aux Folies Bergère, samedi soir, quatre militantes du collectif féministe #NousToutes ont interrompu la représentation. Portant des masques marqués « violeur », elles ont scandé des slogans avant d’être expulsées de la salle. Le collectif affirme que les activistes ont subi des violences lors de leur éviction.
Ces perturbations ne sont pas isolées. Depuis que l’humoriste a recommencé à se produire en 2024, les militantes féministes organisent régulièrement des protestations. En mai dernier, 70 personnes avaient manifesté lors d’une représentation. Le collectif réclame l’annulation de tous ses spectacles.
En 2021, une jeune femme de 23 ans a accusé Ary Abittan de viol. Après enquête, deux juges ont estimé que les preuves s’étaient affaiblies en raison de témoignages d’ex-compagnes le décrivant comme respectueux et d’évolutions dans le récit de la plaignante. Bien que reconnaissant le stress post-traumatique de la victime, la justice a prononcé un non-lieu en avril 2024, confirmé en appel en janvier 2025. Cette décision signifie absence de preuves suffisantes, non innocence établie.
Dimanche soir, dans les coulisses de la salle, Brigitte Macron a déclaré au comédien stressé : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors ». Elle visait les militantes masquées ayant perturbé le spectacle. Cette vidéo, publiée puis retirée par un magazine, a déclenché une vive controverse politique et féministe.
Le collectif #NousToutes a dénoncé des propos insultants envers les victimes et les associations féministes. L’actrice Judith Godrèche a affiché son soutien aux militantes. Les Femen ont rappelé que les droits des femmes ont été gagnés par ces « sales connes » vilipendées.
L’entourage de la Première dame a justifié ses paroles comme une critique de la méthode radicale, non des femmes elles-mêmes. Cependant, Brigitte Macron n’a pas personnellement pris la parole pour préciser ses intentions.
À gauche, les critiques ont fusé. Manuel Bompard, La France insoumise, a souligné qu’une Première dame ne devait pas user de tels insultes. Marine Tondelier, des Écologistes, a qualifié les propos de « gravissimes ». Plusieurs députés insoumis ont réaffirmé qu’un non-lieu n’annule pas la parole d’une victime.
Au sein de la majorité présidentielle et à droite, les avis divergent. Prisca Thévenot estime que la Première dame pointait une réalité, bien que mal exprimée. Agnès Evren, des Républicains, a trouvé le langage surprenant. À l’extrême droite, Sébastien Chenu minimise l’incident en le qualifiant de propos privés.



