
Donald Trump assume désormais ouvertement un langage autrefois contesté. En 2018, il avait nié employer le terme « pays de merde » pour qualifier les nations d’origine des migrants. Aujourd’hui, il revendique ces expressions et durcit sa rhétorique anti-immigration avec des accents franchement xénophobes.
Lors d’un rassemblement en Pennsylvanie censé promouvoir sa politique économique, le président américain a réitéré cette formulation controversée. Il a déclaré demander pourquoi les États-Unis n’accueillaient que des personnes provenant de pays désavantagés, suggérant préférer des ressortissants de Suède ou Norvège. Il a qualifié certaines régions d’endroits « crasseux, sales, dégoûtants ».
Ses déclarations récentes incluent l’appellation de migrants somaliens comme « déchets » et l’accusation contre les immigrés d’« empoisonner le sang » du pays. Ces formulations rappellent à ses détracteurs un vocabulaire nazi. Les défenseurs républicains contredisent cette interprétation, affirmant que le président exprime simplement ce que comprennent les Américains.
Carl Bon Tempo, professeur d’histoire, explique que ce discours racial existe depuis longtemps aux marges de la droite américaine. La différence majeure réside dans son origine directe de la Maison-Blanche. Aucune autre institution ne dispose d’une ampleur communicationnelle comparable pour diffuser ces messages.
Depuis son retour au pouvoir, Trump a lancé une campagne massive d’expulsions. Son administration a également suspendu les demandes d’immigration pour ressortissants de dix-neuf nations parmi les plus pauvres. Parallèlement, il a ordonné d’accueillir les fermiers sud-africains blancs, les décrivant comme persécutés.
Selon Terri Givens, spécialiste de l’immigration, le président fonctionne sans filtres désormais. Peu importe que les migrants respectent les lois, possèdent des entreprises ou résident depuis des décennies, ils deviennent cibles d’une bataille contre un adversaire imaginaire.
La Maison-Blanche désigne les immigrés en les comparant à des « sangsues », selon la ministre Kristi Noem. Cette stratégie vise à canaliser l’inquiétude américaine concernant le coût de la vie. Cependant, les problématiques migratoires reflètent aussi des questionnements fondamentaux sur l’identité nationale.
Trump a promu le concept de « remigration » après une attaque terroriste commise par un ressortissant afghan. Ce terme, développé par des théoriciens d’extrême droite européens, désigne l’expulsion massive d’étrangers et s’accompagne de la thèse conspirationniste du « grand remplacement ».
Les influences historiques du mouvement « nativiste » des années 1920 sont détectables dans le programme trumpien. Cette idéologie définissait l’Américanité comme essentiellement blanche, anglo-saxonne et protestante. Elle avait produit des politiques d’immigration favorisant exclusivement l’Europe du Nord et occidentale.
Stephen Miller, conseiller influent, a récemment affirmé que les migrants et leurs descendants recréeraient à grande échelle les conditions dysfonctionnelles de leurs pays d’origine. Cette rhétorique persiste malgré les preuves empiriques contradictoires.



