
Jeudi soir en Ariège, dans le village des Bordes-sur-Arize, des manifestants ont tenté d’empêcher l’abattage d’un troupeau de vaches atteint de dermatose nodulaire contagieuse. Environ 500 opposants se sont affrontés aux gendarmes mobiles qui ont riposté avec du gaz lacrymogène. Les protestataires ont répondu par des jets de projectiles dans une ambiance nocturne illuminée par des feux improvisés.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a reconnu la présence de membres de l’ultragauche parmi les manifestants. Il a insisté sur le fait que les manifestations restent légitimes mais la violence n’est pas acceptable. Quatre personnes ont été interpellées lors des affrontements qui n’ont heureusement provoqué aucun blessé. Les autorités ont rappelé leur incompréhension face aux exactions et dégradations.
Les agriculteurs locaux bloquaient l’accès depuis mercredi matin, date d’annonce du cas de maladie. L’opération visait l’euthanasie de 207 blondes d’Aquitaine. Le préfet de l’Ariège affirmait que les deux frères propriétaires avaient donné leur accord, mais ce consentement était contesté par les responsables agricoles locaux qui dénonçaient une division au sein de la famille.
Les syndicats agricoles et la chambre d’agriculture d’Ariège proposaient un protocole différent au ministère de l’Agriculture. Leur alternative incluait l’abattage sélectif des seuls bovins contaminés et le lancement d’une campagne de vaccination massive. Sur 33 000 bovins en Ariège, 3 000 avaient déjà reçu un vaccin le mois précédent dans les zones frontalières avec les Pyrénées-Orientales.
La réglementation actuelle impose l’abattage complet du troupeau et instaure des zones réglementées de 50 kilomètres autour du foyer où les déplacements bovins sont interdits ou limités. Un autre troupeau devait être abattu vendredi dans les Hautes-Pyrénées. Le préfet de ce département alertait que les tentatives de blocage augmentent le risque de propagation et que la situation n’était pas maîtrisée.



