France

Les blocages routiers liés à la dermatose nodulaire persistent avec quarante-trois actions toujours en cours selon le ministère

Aliou Sembène

La mobilisation des agriculteurs contre l’abattage systématique des bovins atteints de dermatose nodulaire contagieuse s’intensifie sur tout le territoire français. Quarante-trois actions de blocage sont en cours, mobilisant environ deux mille personnes selon le ministère de l’Intérieur, tandis que de nouvelles manifestations sont organisées jusqu’au 18 décembre dans plusieurs régions.

L’autoroute A64 entre Toulouse et Bayonne demeure le principal point de tension, avec des agriculteurs qui ont installé des campements et menacent de rester jusqu’à Noël si nécessaire. Des blocages majeurs affectent également la rocade à Auch, la route nationale 20 en Ariège et l’autoroute A65. Les agriculteurs dénoncent une stratégie jugée brutale et inadaptée face à cette épizootie qui touche désormais quatre départements en Occitanie.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé un plan de vaccination de près d’un million d’animaux tout en réaffirmant que l’abattage total reste la seule solution pour protéger la filière nationale. Elle a précisé que les éleveurs touchés recevront des indemnisations. Cependant, plusieurs responsables agricoles et politiques réclament une approche différente associant vaccination généralisée et abattage sélectif des seuls animaux malades.

Des tensions politiques émergent autour de cette gestion de crise. Le Rassemblement national demande davantage de souplesse et de concertation, tandis que d’autres forces politiques dénoncent l’absence de dialogue du gouvernement. La Fondation 30 Millions d’Amis appelle à cesser les « massacres » de bovins, questionn la pertinence des méthodes radicales employées.

Cette crise révèle une frustration plus large du monde agricole face à plusieurs dossiers : l’accord UE-Mercosur, la baisse de la Politique agricole commune et l’instauration de nouvelles taxes. Une manifestation européenne est prévue le 18 décembre à Bruxelles pour s’opposer à l’accord commercial, attendue particulièrement suivie dans ce contexte de tensions accrues.

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