Le Chili a connu un tournant politique majeur lors du scrutin présidentiel du 14 décembre. Pour la première fois depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet, l’extrême droite remporte la victoire électorale. José Antonio Kast, candidat ultraconservateur, s’impose nettement avec 58,30% des suffrages face à sa rivale de gauche Jeannette Jara qui en obtient 41,70%. Cette victoire marque une rupture significative dans l’orientation politique du pays sud-américain.
Kast a remporté cette élection lors de sa troisième tentative pour accéder à la présidence. Des milliers de citoyens ont célébré son succès dans les rues, brandissant des drapeaux nationaux. Le nouveau président élu a alors promis de rechercher l’unité dans un pays profondément polarisé, affirmant que le vainqueur devrait représenter tous les Chiliens. La candidate de gauche a reconnu sa défaite en déclarant que la démocratie s’était exprimée, tout en souhaitant du succès à son adversaire pour le bien du nation.
Sa campagne s’est concentrée sur deux axes principaux : la lutte contre la criminalité et l’immigration. Kast a promis d’expulser environ 340 000 migrants en situation irrégulière, majoritairement des Vénézuéliens. En contraste, Jeannette Jara, ancienne ministre du Travail du gouvernement sortant Gabriel Boric, proposait d’augmenter le salaire minimum et de renforcer les protections des retraites. Elle incarnait une continuité avec la gauche au pouvoir.
Avocat de 59 ans et père de neuf enfants, Kast appartient au mouvement Schönstatt, un courant catholique conservateur d’origine allemande. Ses positions sociétales demeurent radicales. Il s’oppose à l’avortement en toutes circonstances, au divorce, au mariage entre personnes du même sexe et à la contraception d’urgence. Durant sa campagne, il a volontairement évité de mettre en avant ces positions controversées. Autrefois, il a affirmé que l’ancien dictateur Pinochet aurait voté pour lui s’il était resté vivant.
Le scrutin s’est déroulé comme un exercice démocratique obligatoire, attirant près de 16 millions d’électeurs. Lors du premier tour en mi-novembre, les deux candidats finalistes avaient chacun reçu environ un quart des votes, avec une légère avance pour la gauche. Cependant, lorsqu’on additionne l’ensemble des suffrages de droite au premier tour, ils totalisaient 70%, indiquant ainsi une orientation nette du pays vers la droite.



