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Les 90 milliards d’euros destinés à l’Ukraine proviennent de ressources de l’Union européenne et non des actifs russes immobilisés

Hamza Chouraqui

Les dirigeants européens ont approuvé vendredi un emprunt collectif de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine durant au moins deux ans. Cette décision intervient après des négociations intenses à Bruxelles et survient au moment où Kiev risque de manquer de ressources financières dès le premier trimestre 2026. L’Union européenne s’engage ainsi à assurer l’essentiel du financement face au retrait du soutien américain annoncé par le président Donald Trump.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a présenté cet accord comme un message décisif pour mettre fin à la guerre. Selon lui, Vladimir Poutine ne consentira à des concessions que lorsqu’il comprendra que son conflit ne lui apportera rien. Cependant, Merz n’a pas obtenu gain de cause sur son projet d’utiliser les avoirs russes gelés pour financer ce prêt, malgré des mois de plaidoyer en ce sens.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité du soutien européen, le qualifiant d’important et renforçant la résilience de son pays. Il a souligné l’importance que les actifs russes restent immobilisés et que l’Ukraine dispose d’une garantie financière pour les années à venir. Zelensky avait également défendu l’idée de faire contribuer la Russie, sans succès complet.

La Belgique, où sont entreposés environ 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés, s’était opposée à leur utilisation. Le Premier ministre belge Bart De Wever réclamait des garanties quasi illimitées contre les risques de remboursement anticipé ou de représailles russes. Faute d’accord unanime sur cette approche novatrice et risquée, les vingt-sept États membres ont opté pour un emprunt commun.

L’Ukraine recevra un prêt à taux zéro financé par le budget européen, qu’elle ne devra rembourser que si la Russie lui verse des réparations. Les besoins ukrainiens ont été évalués à 137 milliards d’euros, l’Union européenne couvrant deux tiers de cette somme. Les alliés comme la Norvège et le Canada assureront le reste du financement.

Moscou s’est déclaré satisfait vendredi, considérant l’absence de recours aux avoirs russes comme une victoire du bon sens. Kirill Dmitriev, représentant économique du Kremlin, a salué l’échec de l’utilisation des réserves de la banque centrale russe pour financer l’Ukraine. Cette décision représente un revers pour ceux qui espéraient faire payer Moscou directement.

L’accord a été conclu à vingt-sept, bien que seuls vingt-quatre pays participent effectivement. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, trois États réticents au soutien financier de Kiev, ont été exemptés. Le président du Conseil européen Antonio Costa a souligné que cette garantie de 90 milliards sur deux ans n’a probablement jamais eu de précédent dans l’histoire européenne.

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