
En République démocratique du Congo, 124 militaires et policiers comparaissent en justice pour avoir abandonné leurs postes lors de la chute d’Uvira en décembre. Ils sont accusés d’« abandon de poste » et de « désobéissance aux consignes en situation de combat », des infractions qui peuvent entraîner la peine de mort, généralement commuée en réclusion à perpétuité selon la législation congolaise.
La prise d’Uvira par la rébellion AFC/M23 a provoqué une débandade. 66 militaires et 55 policiers ont fui leurs positions, tandis que d’autres ont tenté de se replier vers l’axe Fizi-Baraka. La majorité des prévenus a été arrêtée à Kalemie, à plus de 360 kilomètres de la ville. Certains restent toujours en fuite.
Les audiences se déroulent au camp Marin de Kalemie depuis vendredi 19 décembre. Seule un peu plus de la moitié des accusés a pu être identifiée lors de la première audience. Le tribunal militaire de garnison doit examiner le fond du dossier lors de la prochaine session prévue lundi 22 décembre.
Le procureur militaire insiste sur la dimension disciplinaire et dissuasive du procès. Il affirme que les militaires et policiers engagés doivent respecter la chaîne de commandement, même dans les situations critiques. Selon lui, les prévenus ont quitté leurs positions sans autorisation, au moment où la cohésion était essentielle.
La défense conteste vivement ces accusations en les qualifiant de « fantaisistes ». Les avocats soutiennent que les soldats ont appliqué des tactiques de survie face à un ennemi supérieur. Un avocat dénonce une justice militaire excessivement sévère qui affaiblit l’armée plutôt que de la renforcer.



