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La Cisjordanie occupée, théâtre d’une lutte entre Israéliens et Palestiniens pour le contrôle d’un site archéologique

Aliou Sembène

En Cisjordanie occupée, les autorités israéliennes envisagent de s’approprier l’Acropole antique de Sebastia, l’un des plus anciens sites archéologiques de la région. Les Palestiniens y voient un stratagème dissimulé pour annexer davantage de territoires sous couvert de préservation culturelle. Le projet soulève des inquiétudes majeures parmi la population locale qui dépend économiquement de ces vestiges historiques.

Zaid Azahri, guide touristique, observe les ruines du temple d’Auguste depuis les hauteurs du site. Il dénonce le prétexte de conservation invoqué par Israël, affirmant que toutes les demandes de restauration ont été rejetées par les autorités. Selon lui, le projet véritable consiste à installer des infrastructures militaires, notamment une tour de surveillance ou un poste de police, directement sur les terres ancestrales des villageois.

La fréquentation touristique a considérablement diminué depuis octobre 2023, menaçant l’économie locale fragile. L’huile d’olive et l’agriculture constituent des revenus essentiels pour les familles de Sebastia. Un restaurateur dont le commerce borde les ruines du forum romain a reçu un avis d’expropriation. Il explique que son établissement, exploité depuis 1958, représente l’unique source de revenus de sa famille.

Walaa Ghazal, conservatrice du musée archéologique local, dénonce l’utilisation politique du patrimoine à des fins expansionnistes. Elle souligne que les institutions archéologiques israéliennes tentent de démontrer une appropriation historique par des fouilles systématiques. Les archéologues palestiniens, disposant de ressources limitées, peinent à contrebalancer ces efforts.

L’écart financier est abyssal. Israël prévoit d’investir six millions d’euros sur le site, tandis que l’Autorité palestinienne manque cruellement de budgets. Le maire du village dénonce une violation du droit international, rappelant que la Charte de l’Unesco protège le patrimoine culturel des territoires occupés. Cette asymétrie des moyens rend la resistance palestinienne particulièrement inégale.

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