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Les socialistes espagnols confrontés à de graves scandales de corruption essuient un revers politique considérable

Esteban Ortega

Les difficultés s’accumulent pour le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et son parti socialiste. Lors des élections régionales d’Estrémadure, les socialistes ont enregistré une défaite électorale majeure dimanche. Le Parti populaire (PP), principale force d’opposition, a remporté le scrutin tandis que l’extrême droite gagnait du terrain dans la région.

Le Parti populaire a obtenu 43% des voix, lui permettant de remporter 29 sièges sur 65 au parlement régional, une progression par rapport aux 28 sièges précédents. Cependant, cette majorité reste fragile et dépend du soutien de la formation d’extrême droite Vox. Ce dernier a doublé sa représentation, passant de 5 à 11 sièges avec près de 17% des suffrages exprimés.

Le PSOE, le parti de Sanchez, a subi un recul spectaculaire dans ce scrutin. Les socialistes perdent 14 points et 10 sièges, n’obtenant que 26% des voix. Ils conservent seulement 18 sièges dans une région qu’ils gouvernaient depuis longtemps et où ils exerçaient le pouvoir jusqu’en 2023. Cette débâcle électorale intervient dans un contexte politique troublé.

Les scandales de corruption affectent gravement l’image du gouvernement. José Luis Abalos, ancien ministre des Transports et proche collaborateur de Sanchez, a été ordonné de comparaître par la justice pour corruption. Actuellement en détention en attente de procès, il est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin liés à des contrats publics. Le parquet demande vingt-quatre ans de prison et il a été exclu du PSOE.

D’autres enquêtes judiciaires visent l’entourage immédiat du Premier ministre. Begoña Gómez, épouse de Sanchez, fait l’objet d’investigations pour corruption. Son frère cadet, David Sanchez, musicien et chef d’orchestre, est accusé d’avoir utilisé l’influence politique familiale pour obtenir un poste en 2017. Il doit être jugé pour trafic d’influence en mai 2026 avec plusieurs autres accusés, dont le candidat socialiste aux élections régionales.

Le PSOE affronte également des critiques pour sa gestion insuffisante des cas de harcèlement sexuel impliquant des dirigeants masculins du parti. Ces accumulations de scandales détériorent l’image de la formation politique et contribuent à expliquer ses revers électoraux récents.

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