
Des irrégularités électorales ont conduit les autorités bosniennes à annuler partiellement les résultats de l’élection présidentielle dans la Republika Srpska. Cette décision intervient suite à des contestations soulevées immédiatement après le scrutin du 23 novembre, où les marges de victoire s’avéraient extrêmement serrées entre les deux principaux candidats.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de faible participation citoyenne, avec seulement 35 % des électeurs inscrits se présentant aux urnes. Sinisa Karan, appuyé par la coalition gouvernante, l’a emporté avec 50,39 % des suffrages contre 48,22 % pour son adversaire Branko Blanusa. Cet écart minimal, représentant moins de dix mille voix sur environ 450 000 votants, a rapidement suscité des accusations de fraude de la part de l’opposition politique.
La commission électorale centrale a ordonné le recomptage des bulletins dans plus de cent bureaux de vote au début du mois de décembre. Suite à cette analyse minutieuse, elle a établi que 136 bureaux de vote, situés principalement à Doboj, Zvornik et Laktasi, présentaient des anomalies substantielles pouvant avoir influencé l’issue électorale. Les irrégularités détectées justifiaient donc une annulation partielle des résultats.
Le candidat perdant et son parti ont qualifié cette décision de signal positif de protection démocratique, soulignant l’engagement des autorités électorales à préserver l’intégrité du processus. À l’inverse, Milorad Dodik, ancien président destituée et toujours influential dans sa formation politique, a fortement critiqué cette annulation, l’accusant de miner la confiance institutionnelle dans le système électoral bosniaque.
Le scrutin anticipé avait été nécessaire suite à la condamnation judiciaire de Milorad Dodik pour non-respect des directives du représentant international supervisant l’accord de paix. Cette crise politique majeure a provoqué une profonde instabilité institutionnelle dans une région demeurant fragile trois décennies après les conflits armés des années 1990.



