
Le conseil européen du 18 décembre 2025 a abouti à un accord concernant l’aide à l’Ukraine : un prêt de 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027 financé par un emprunt de l’Union européenne sur les marchés des capitaux. La structure juridique retenue prend la forme d’une coopération renforcée, permettant à trois États membres de ne pas y participer. Cet accord révèle cependant des leçons essentielles sur le fonctionnement de l’Union.
La Belgique et son Premier ministre Bart de Wever ont démontré une grande maestria en écartant la solution soutenue par l’Allemagne et la Commission européenne. Ce succès repose d’abord sur un facteur souvent sous-estimé : le facteur humain. Les dirigeants européens ont mal jaugé le profil réel de de Wever, le considérant uniquement à travers ses déclarations passées plutôt que comme un véritable stratège politique et défenseur des intérêts belges.
Cette victoire démontre que l’Allemagne peut être mise en échec au sein de l’UE, malgré sa domination depuis 1957. Le trio Von der Leyen-Weber-Merz a échoué face à la petite Belgique. Cet événement n’aura pas échappé aux autres États membres, notamment la France, en désaccord avec l’Allemagne sur plusieurs dossiers majeurs.
La Commission européenne elle-même a connu un revers significatif. Les États membres conservent le pouvoir décisionnel réel : la Commission propose, mais les États disposent. Lorsqu’un État rappelle le cadre juridique, la Commission doit céder. La diplomatie belge, mobilisée depuis septembre, illustre également que l’excellence diplomatique reste un élément décisif en matière de négociations européennes.
Enfin, cet épisode rappelle que le droit continue d’exister au sein de l’Union. La Belgique a défendu le respect des contrats et de la propriété concernant les actifs russes gelés. Cette protection du cadre juridique renforce la crédibilité financière de l’Europe et la stabilité de l’euro. Toutefois, le coût politique demeure : la défiance envers l’Union s’est accrue en Belgique.



