
Cette année, le Maroc vit une Aïd inhabituellement calme. Le roi Mohammed VI a demandé à la population de renoncer au sacrifice traditionnel des moutons, une décision motivée par une sécheresse persistante qui affecte gravement le cheptel national. Cette mesure est une première en près de trois décennies.
Au marché de Khémisset, à proximité de Rabat, un changement notable s’observe. Les fruits et légumes abondent, mais les moutons, traditionnellement présents en cette période, sont absents. Cette scène inhabituelle souligne les conséquences de la sécheresse qui sévit dans le pays.
L’Aïd-el-Adha est une fête très suivie au Maroc, malgré l’absence d’obligation religieuse stricte quant au sacrifice. Cependant, l’appel du roi, évoquant des “défis climatiques et économiques”, a marqué un tournant. Son père avait déjà pris une mesure similaire en 1996.
Fatima Kharraz, résidente de Khémisset, exprime son désarroi : « Nous ne ressentons pas l’enthousiasme habituel. C’est comme si la fête n’existait pas. » Elle souligne également la hausse des prix du mouton, déjà élevée l’année précédente, rendant le sacrifice inabordable.
L’impact de la sécheresse est sévère. En mars, le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, rappelait qu’en moyenne, entre 5 et 6 millions de moutons sont sacrifiés chaque année. Cependant, le cheptel a diminué de 38 % depuis 2016, en raison du manque de précipitations.
Cette pénurie a également entraîné une flambée des prix de la viande rouge. Le gouvernement subventionne les importations, mais ne soutient pas directement les produits carnés. Abderrahman Majdoubi, président de l’association des éleveurs, note que les pâturages se réduisent chaque année, affectant 70 % des éleveurs.



