
La Conférence épiscopale de Madagascar a exprimé ses préoccupations lors de son message de Noël, dans un contexte marqué par le changement politique intervenu en octobre dernier. Les évêques adressent un avertissement direct aux nouvelles autorités de transition, les exhortant à tirer les enseignements des erreurs passées et à éviter leur répétition dans la gestion du pays.
L’absence de dialogue entre gouvernants et citoyens demeure le cœur du problème. Les religieux soulignent que les crises successives découlent d’une rupture de communication fondamentale. Le secrétaire coordonnateur de la Conférence relève que les dirigeants connaissent les difficultés rencontrées par la population, mais attendent systématiquement des manifestations citoyennes avant d’agir et de progresser sur les enjeux majeurs.
La corruption persistante reste un scandale dénoncé explicitement par l’église. Les évêques appellent à un changement visible et ressenti par le peuple, reconnaissant que l’élimination de ce fléau ne peut survenir instantanément. Cependant, ils demandent que le chemin menant vers cette abolition soit clairement perceptible aux yeux de tous.
Les autorités de transition reçoivent un rappel essentiel concernant leur responsabilité fondamentale. Les religieux insistent sur le fait que les dirigeants doivent se placer au service du peuple plutôt que de rechercher le bénéfice personnel. Cette philosophie du service doit guider leurs décisions et leurs actions gouvernementales.
Le manque de confiance envers les promesses gouvernementales constitue un obstacle majeur à la réconciliation nationale. Les évêques demandent aux autorités de démontrer par des actes concrets leur engagement envers le bien commun et la restauration de la confiance publique gravement endommagée.



