
Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix a remporté plus de 77 % des sièges à l’Assemblée nationale lors des élections législatives de fin décembre en Côte d’Ivoire. Ce succès spectaculaire du parti au pouvoir suscite toutefois des contestations immédiates de la part de certains acteurs politiques qui mettent en doute la régularité du scrutin et sa légitimité.
À Tiassalé, dans le sud du pays, le député indépendant sortant Antoine Tiémoko Assalé rejette catégoriquement sa défaite. Il accuse les autorités électorales d’avoir fabriqué des résultats en dehors des urnes, affirming que son adversaire aurait reçu environ deux mille voix supplémentaires de manière frauduleuse. Il dispose de cent vingt-sept procès-verbaux qui contrediraient selon lui les chiffres proclamés par la Commission électorale indépendante locale.
Son concurrent Dramane Sanogo, contacté par des journalistes, invite le député sortant à saisir le Conseil constitutionnel pour contester formellement les résultats et engage ainsi un débat judiciaire sur ces irrégularités présumées. Cette démarche ouvre la voie à des contentieux électoraux potentiellement importants.
Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire, formation politique associée à l’ancien président Laurent Gbagbo, avait refusé de participer au scrutin. Son président exécutif Sébastien Dano Djédjé a déclaré que le processus électoral est profondément discrédité et que son parti refusait de légitimer par sa participation un système entaché de fraudes.
Parmi la vingtaine de cadres du PPA-CI qui ont transgressé l’ordre de boycott, un seul candidat a remporté son élection : Stéphane Kipré dans la circonscription de Gbogué. La direction du parti maintient sa décision de révoquer tous les membres qui ont contrevenu à la consigne de non-participation au scrutin.



