
Un tribunal administratif a prononcé l’annulation d’une aide financière de 490 000 euros accordée par la municipalité messine. Cette subvention visait à soutenir la construction d’une grande mosquée capable d’accueillir jusqu’à 4 000 personnes lors des principales célébrations religieuses. La décision du tribunal de Strasbourg intervient après contestation d’activistes laïques.
Le projet de mosquée, lancé en 2021, représente un investissement total de plus de 15 millions d’euros. Les fidèles musulmans ont largement contribué au financement par leurs donations successives. L’association UFAL, regroupant des militants pour la séparation des cultes et de l’État, a saisi la justice pour contester cette participation publique.
En Alsace-Moselle, le Concordat du XIXe siècle reste en vigueur, contrairement au reste de la France. Cette disposition ancienne permet aux autorités locales de financer certains projets religieux, même si l’islam n’est pas officiellement reconnu parmi les cultes admis par ce cadre légal particulier. Cette exception régionale explique la possibilité théorique d’une telle subvention.
Le tribunal a cependant jugé que la municipalité n’avait pas justifié correctement son action. Aucune donnée précise ne démontrait l’insuffisance des installations actuelles. La ville affirmait que les lieux de culte existants manquaient de capacité, mais sans fournir études ou statistiques probantes. Cette carence documentaire s’avéra décisive pour l’annulation.
Le maire messien conteste cette décision qu’il qualifie de déconnectée de la réalité locale. Il envisage d’interjeter appel en promettant de présenter des preuves montrant l’urgence d’une grande mosquée. Selon lui, les conditions actuelles d’exercice du culte musulman demeurent indignes pour les pratiquants et problématiques pour les riverains des espaces utilisés.
Le projet prévoyait également un centre dédié aux activités éducatives et culturelles. Cet espace comporterait quinze salles réservées à l’enseignement de la langue arabe et des textes religieux. Des équipements complémentaires incluaient une salle de sport et un établissement de bains traditionnels pour compléter l’offre cultuelle et sociale.



