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Les organisations humanitaires devront cesser leurs activités à Gaza dès 2026 selon Israël

Baptiste Lacomme

Israël a annoncé l’interruption des activités de plus de vingt organisations humanitaires qui n’auraient pas respecté les nouvelles directives de contrôle des agences internationales à Gaza. Le ministère des Affaires de la diaspora a précisé que ces organisations n’ont pas satisfait aux exigences de partage d’informations concernant le personnel, le financement et les opérations. Environ 25 entités, représentant 15 % des organisations non gouvernementales présentes sur le terrain, n’ont pas obtenu le renouvellement de leur permis.

Parmi les organisations affectées figurent des acteurs majeurs tels que Médecins sans frontières, le Conseil norvégien pour les réfugiés, CARE International et des divisions d’Oxfam et Caritas. Ces entités interviennent dans des domaines variés : distribution alimentaire, services médicaux, soutien aux personnes handicapées, éducation et santé mentale. Israël reproche à plusieurs organisations, notamment MSF, de ne pas avoir clarifié le rôle de certains membres du personnel soupçonnés de collaborer avec le Hamas.

Au début de l’année, Israël a modifié son processus d’enregistrement en exigeant la soumission de listes de personnel incluant les travailleurs palestiniens de Gaza. Certains groupes refusent cette exigence par crainte de représailles et invoquent les lois européennes de protection des données. Shaina Low, du Conseil norvégien pour les réfugiés, a soulevé des préoccupations : des centaines de travailleurs humanitaires ont déjà été tués à Gaza.

La fermeture de ces organisations implique la cessation des opérations dans les bureaux israéliens et à Jérusalem-Est, ainsi que l’impossibilité d’envoyer du personnel international ou de l’aide. Cette mesure place une charge considérable sur le personnel local déjà épuisé. Le gouvernement israélien justifie cette décision en affirmant que l’aide humanitaire est bienvenue, pas son exploitation par des groupes terroristes.

Selon le COGAT, l’organisme responsable de l’aide humanitaire à Gaza, les organisations interdites représentent moins de 1 % de l’aide totale acheminée. Israël soutient que plus de 20 organisations autorisées poursuivront leurs activités. Le gouvernement insiste sur la nécessité de prévenir l’infiltration du Hamas dans les structures d’aide internationales, bien que les Nations unies contestent ces accusations concernant l’UNRWA.

Athena Rayburn, directrice de l’AIDA représentant plus de 100 organisations, dénonce l’absence de garanties concernant l’utilisation des données collectées. Elle rappelle que plus de 500 travailleurs humanitaires ont perdu la vie pendant le conflit. Les organisations proposaient des alternatives, notamment la vérification par des tiers, mais Israël a refusé d’engager des discussions alternatives sur ces mécanismes.

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