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Zohran Mamdani accède officiellement à la mairie de New York aux États-Unis, marquant ainsi une étape significative dans la politique municipale américaine

Romain Mazzotti

Zohran Mamdani, élu démocrate en novembre, devient officiellement maire de New York le 1er janvier. Ce politicien de 34 ans a remporté les élections sur un programme de gauche critiquant vivement Donald Trump. Il fait face à des défis considérables dans la gouvernance de la ville.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée dans une station de métro historique de Manhattan. Mamdani a prêté serment devant Letitia James, procureure démocrate de l’État et adversaire personnelle du président. James a obtenu la condamnation de Trump pour fraudes en 2024, renforçant les liens entre ces figures d’opposition.

Premier maire musulman de New York, Mamdani a utilisé un Coran ayant appartenu à Arturo Schomburg, écrivain et historien pionnier des études afro-américaines décédé en 1938. Sa femme, l’artiste Rama Duwaji, tenait le livre sacré lors du serment. L’élu a qualifié ce moment d’honneur et de privilège extraordinaires.

Le choix de la station «Old City», désaffectée depuis longtemps, revêtait une signification symbolique forte. Mamdani y a vu l’incarnation d’une ville capable d’allier beauté architecturale et transformation sociale pour les travailleurs. L’intronisation a eu lieu peu après minuit, tandis que Times Square célébrait le nouvel an.

Une deuxième cérémonie, plus officielle, doit se tenir le même jour à l’hôtel de ville. Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez présideront cet événement. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour une fête de quartier avec écrans géants et performances musicales sur Broadway.

Malgré son opposition électorale au président, Mamdani s’est rendu à la Maison Blanche pour un échange surprenamment cordial avec Trump. Les deux hommes ont échangé des compliments, suggérant un rapprochement inattendu. Cependant, Trump maintient ses menaces antérieures concernant l’envoi de la Garde nationale ou la suppression des subventions fédérales.

Les experts politiques estiment que les menaces de Trump restent crédibles malgré l’apparente réconciliation. Stephen Miller et JD Vance pourraient persuader le président de renforcer la présence des agents d’immigration à New York. Les électeurs de Mamdani attendent une opposition authentique et vigoureuse envers l’administration Trump.

Originaire de l’Ouganda et naturalisé américain en 2018, Mamdani appartient aux Socialistes démocrates d’Amérique. Son programme de campagne privilégie la lutte contre le coût de la vie, devenu insupportable pour les 8,5 millions d’habitants de New York, particulièrement concernant le logement.

Son prédécesseur, Éric Adams, entaché d’accusations de corruption, a compliqué la mise en œuvre du gel des loyers affectant plus d’un million d’appartements. Adams a nommé des proches au comité décisionnel pour freiner cette mesure phare de la politique sociale urbaine.

Mamdani a promis la construction de 200 000 logements abordables, l’accès universel à la garde d’enfants, des supermarchés publics bon marché et la gratuité des transports. Les modalités concrètes de ces engagements restent floues, mais des annonces imminentes sont attendues.

Soutien de longue date de la Palestine, Mamdani fait l’objet d’une surveillance étroite concernant la défense de la communauté juive. L’antisémitisme connaît une montée préoccupante à New York et ailleurs aux États-Unis. Une de ses recrues a déjà démissionné après la révélation de tweets antisémites datant de sa jeunesse.

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