
Au cinquième jour de manifestations réclamant une amélioration des conditions économiques, l’Iran connaît une escalade des tensions. Trois personnes ont péri lors des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, notamment dans les régions occidentales du pays. Les incidents se multiplient dans plusieurs villes depuis dimanche dernier.
À Lordegan, une agglomération de quarante mille habitants, des protestataires ont endommagé des édifices publics, y compris des bâtiments administratifs et financiers. Les autorités ont riposté par des mesures de dispersion incluant des gaz irritants. Parallèlement, la nuit du trente et un décembre au premier janvier, un volontaire issu des milices locales a trouvé la mort à Kouhdasht, également en zone occidentale.
Les forces du bassidj, composées de bénévoles affiliés à l’appareil sécuritaire du régime, ont également subi des blessures lors de ces affrontements. Treize membres des forces de l’ordre ont été blessés à Kouhdasht selon les déclarations officielles. Le gouvernement n’établit pas publiquement le lien entre les mesures d’interruption du travail et les mouvements de protestation.
Ces rassemblements ont d’abord été lancés par des commerçants à Téhéran pour contester la cherté de la vie. Le mouvement s’est rapidement propagé à des établissements universitaires et à d’autres municipalités. Les autorités judiciaires mettent en garde contre toute transformation de ces manifestations en troubles à l’ordre public.
La situation économique iranienne se détériore gravement depuis plusieurs mois. La monnaie nationale a perdu plus d’un tiers de sa valeur en un an, tandis que l’inflation à deux chiffres rend les biens essentiels inaccessibles pour de nombreux citoyens. Cette détérioration affecte particulièrement les populations soumises aux conséquences des embargos internationaux depuis quarante ans.



