
James ignore son âge exact et vit dans la rue depuis son enfance. Il a enchaîné les petits métiers précaires : vendeur de cigarettes, cireur de chaussures, chiffonnier. Avant le conflit qui a éclaté en avril 2023, il travaillait dans un restaurant pour des salaires dérisoires, gagnant à peine trois euros par jour.
Le conflit entre l’armée soudanaise et les paramilitaires a causé environ 200 000 morts. James a perdu son emploi et deux amis proches tués par une frappe de drone. Malgré cette tragédie, il affirme que la violence était déjà présente avant la guerre, qui n’a fait qu’intensifier les difficultés quotidiennes.
Les enfants des rues de Khartoum portent le surnom de shamassa, signifiant « enfants du soleil ». Ils survivent en astiquant les voitures, récupérant les débris urbains et cirant les chaussures. Souvent orphelins, ces jeunes constituent une population vulnérable aux exploitations et aux dangers urbains chroniques.
Ces enfants des rues sont devenus des cibles privilégiées pour les recrutements militaires. Les Forces de soutien rapide et autres milices recherchent activement ces jeunes sans attaches familiales. Leur vulnérabilité sociale les rend particulièrement susceptibles d’être enrôlés dans les combats.
Des associations comme Markaz Mahaba tentent d’intervenir dans les quartiers difficiles pour offrir un accueil et une réinsertion aux enfants des rues. Ces structures visent à soustraire les jeunes aux dangers de la rue et du conflit armé. Elles représentent des espaces de protection et d’encadrement dans un contexte humanitaire dégradé.



