
Mohammed Harbi, figure majeure de l’historiographie algérienne, a disparu à Paris le 1er janvier à l’âge de 92 ans des suites d’une infection pulmonaire. Né en 1933 à Skikda, cet intellectuel s’est engagé dès sa jeunesse contre le colonialisme français avant de collaborer avec le premier président algérien Ahmed Ben Bella. Son parcours a marqué toute une génération de chercheurs.
Suite au coup d’État de Boumediene en 1965, Harbi a connu l’emprisonnement avant de s’exiler en France. Il y a poursuivi une carrière d’universitaire et de chercheur, se concentrant sur l’analyse critique de l’histoire contemporaine algérienne. Il remit en question les récits officiels de la guerre de libération et les fondements politiques du nouvel État indépendant.
Le chercheur Nedjid Sidi Moussa le décrit comme un passionné de dialogues et de paix dont les réflexions ont été profondément marquées par son expérience révolutionnaire et carcérale. Harbi accordait une attention particulière aux libertés démocratiques, à l’égalité des genres et au pluralisme culturel. Il défendait l’unité entre les peuples maghrébins et africains.
Ses travaux critiques sur le système de parti unique suscitèrent des controverses, notamment son ouvrage majeur Le FLN: mirage et réalité publié en 1980. Sidi Moussa souligne aussi sa générosité intellectuelle, sa curiosité sans limites envers les débats contemporains et sa capacité à créer un espace de liberté dans les échanges.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a rendu hommage à cet historien exceptionnel et combattant précoce contre la colonisation, reconnaissant sa contribution majeure au patrimoine intellectuel du pays.



