
Eva Schloss, figure marquante de la transmission mémorielle de la Shoah, s’est éteinte samedi 3 janvier à Londres à l’âge de 96 ans. Sa vie fut consacrée à sensibiliser les jeunes générations aux atrocités du passé. Elle entretenait avec Anne Frank des liens familiaux par alliance, étant devenue belle-fille du père d’Anne après la guerre.
La famille a exprimé dimanche son affliction face à la disparition de cette éducatrice dévouée du camp d’Auschwitz, louant son engagement inlassable pour la mémoire et la compréhension mutuelle. Le couple royal britannique a également manifesté sa profonde tristesse, rappelant l’amitié qui les liait et leur admiration pour son parcours d’exception.
En 1990, Eva Schloss a cofondé une organisation visant à perpétuer le souvenir de la Shoah chez les jeunes et à combattre les discriminations. Elle privilégiait l’éducation comme seul remède aux divisions humaines. Auteure de plusieurs ouvrages, elle a partagé son témoignage sur tous les continents.
Née en Autriche en 1929 sous le nom d’Eva Geiringer, elle a connu Anne Frank en tant que voisine et amie à Amsterdam. Les deux enfants du même âge jouaient régulièrement ensemble avant que leurs familles respectives ne se cachent à partir de 1942. Eva et sa famille furent trahies deux ans après, arrêtées lors de son quinzième anniversaire et déportées à Auschwitz en mai 1944.
Seules Eva et sa mère ont survécu au camp. Après leur libération en 1945, Eva s’est établie à Londres pour étudier et y a épousé Zvi Schloss. Sa mère devint ultérieurement l’épouse d’Otto Frank, père d’Anne et veuf rescapé. Le couple britannique a élevé trois filles. Eva obtint la nationalité autrichienne en 2021 et fut honorée de l’ordre de l’Empire britannique en 2013.



