
La Coordination rurale organise une mobilisation agricole majeure avec des convois pacifiques de tracteurs vers Paris prévus pour le 8 janvier. Bertrand Venteau, président de l’organisation, précise que l’objectif n’est pas de paralyser les déplacements des citoyens, mais de faire entendre les revendications du secteur agricole auprès des autorités gouvernementales.
Le monde agricole français traverse une période critique marquée par deux crises simultanées. D’une part, l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse frappe les troupeaux bovins. D’autre part, la concurrence potentielle du Mercosur menace les exploitations françaises par l’ouverture du marché européen aux producteurs sud-américains. Ces deux enjeux pèsent lourdement sur la viabilité économique des fermes.
Avant la réception des syndicats agricoles lundi soir, le ministre de l’Agriculture a adressé un courrier aux représentants du secteur. Il les invite à observer les actes plutôt que de se fier aux promesses verbales. Cependant, cette démarche ne satisfait pas le leadership de la Coordination rurale, qui juge que les réponses gouvernementales ne correspondent pas aux préoccupations réelles du terrain.
Plusieurs blocages et opérations de protestation sont déjà en cours sur les axes routiers français. Sur l’autoroute A7, un blocage partiel a commencé au sud de Lyon. Des collectifs d’agriculteurs, notamment des départements d’Isère et de Drôme, mobilisent une quarantaine de personnes pour dénoncer le traité de libre-échange avec le Mercosur. Des actions similaires sont signalées sur d’autres autoroutes régionales.
La mobilisation prévue à Paris revêt un caractère particulier puisqu’elle s’accompagnera d’un cahier de doléances adressé au Premier ministre. Venteau souligne que le mouvement reste pacifique et volontairement peu perturbateur pour les citoyens, affirmant même que la population soutient majoritairement les revendications agricoles. Des actions territoriales dispersées complètent cette stratégie de pression progressive.



