ÉconomieFrance

Les restaurateurs s’indignent face à l’autorisation accordée à Hema pour les tickets-restaurant

Hamza Chouraqui

Chez Hema, une enseigne spécialisée dans les articles de décoration et d’équipement domestique, les clients peuvent désormais acheter des confiseries et des produits de grignotage en utilisant leurs titres-restaurant. Cette évolution suscite des inquiétudes majeures au sein du secteur de la restauration, qui craint une dilution progressive de ce dispositif initialement conçu pour les repas.

L’Umih, principale organisation patronale de l’hôtellerie-restauration, a adressé un courrier au ministre du Commerce Serge Papin pour exprimer ses préoccupations. Le syndicat critique cette autorisation accordée à Hema pour accepter les titres-restaurant. Selon l’organisation, cette décision illustre les dérives résultant de l’extension des titres-restaurant à l’ensemble des produits alimentaires, extension qui affecte gravement le secteur de la restauration traditionnelle.

L’Umih dénonce une décision qui ouvre une boîte de Pandore pour les titres-restaurant. Si des magasins de sport peuvent commercialiser des barres énergétiques et des bouteilles d’eau, ou si des boutiques de vêtements proposent quelques snacks, tous pourraient devenir éligibles au dispositif. Cette logique crée un précédent dangereusement extensible selon le syndicat.

Le système des titres-restaurant concerne actuellement plus de cinq millions de salariés. Ce moyen de paiement est accepté chez environ 244.000 commerçants pour régler des repas et des achats alimentaires. Son expansion vers des points de vente non spécialisés remet en question son équilibre initial.

Le gouvernement envisage de pérenniser l’utilisation des titres-restaurant pour les courses en supermarché, une mesure actuellement valide jusqu’à fin 2026. Une réforme du secteur doit être discutée au Parlement cette année. L’Umih propose l’instauration d’un double plafond de dépenses différencié. Un plafond plus élevé s’appliquerait à la restauration traditionnelle, tandis qu’un plafond réduit concernerait la distribution alimentaire.

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