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Les affrontements et les gaz lacrymogènes envahissent le Grand bazar de Téhéran lors du dixième jour de protestation en Iran

Aliou Sembène

Au cœur du Grand bazar de Téhéran, un foyer de protestation s’intensifie. Le mardi 6 janvier, une grève déclarée a provoqué des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes ont dispersé des dizaines de personnes, selon des enregistrements documentés par des organisations de défense des droits humains basées en Norvège et aux États-Unis.

Le mouvement contestataire, qui s’est propagé depuis la capitale le 28 décembre vers d’autres régions, a engendré un bilan humain lourd. Au moins 27 morts, incluant cinq enfants, ont été dénombrés en dix jours de mobilisation. Cette insurrection s’étend sur un large territoire national, touchant approximativement 45 localités, principalement de petite et moyenne importance, en particulier dans les zones occidentales.

Les manifestants ont scandé des slogans éloquents exprimant leur rejet du régime actuel. Certains ont invoqué le retour de la dynastie Pahlavi, renversée par la Révolution islamique de 1979, tandis que d’autres criaient contre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Ces appels révèlent un mécontentement profond envers les structures du pouvoir et une nostalgie pour des systèmes politiques antérieurs.

Les répercussions sur l’économie et le commerce demeurent significatives. Certaines zones marchandes, notamment le secteur aurifère du bazar, ont fermé leurs portes à titre de protestation contre la fluctuation des devises étrangères et l’instabilité tarifaire. Les commerçants s’associent au mouvement populaire, créant une mobilisation plurisectorielle contre les politiques gouvernementales.

La riposte des autorités s’est révélée vigoureuse et controversée. Plus de 1 000 arrestations ont été enregistrées depuis le début des manifestations. Les forces de sécurité ont pénétré les établissements hospitaliers pour appréhender des blessés. L’ouest du territoire connaît une répression particulièrement brutale, avec des opérations militaires ayant causé plusieurs décès dans des zones comme le comté de Malekshahi.

Cet événement majeur intervient dans un contexte géopolitique fragilisé. L’Iran traverse une période de faiblesse relative, marquée par des tensions externes et un isolement international croissant. Le régime de Khamenei, octogénaire depuis 1989, fait face à un défi substantiel. Pour atténuer les tensions sociales, le gouvernement du président Massoud Pezeshkian a promis une aide monétaire temporaire. Les autorités judiciaires ont simultanément émis des avertissements menaçants envers ceux qu’elles qualifient d’émeutiers, signalant une intransigeance totale.

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